La composition en photo

Les règles de composition photographique sont essentielles pour créer des images esthétiques et captivantes. Voici quelques-unes des principales règles à suivre pour améliorer tes photos :

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Exposer à droite : pourquoi, comment ?

Figure 1

Figure 2

Figure 3.

Figure 4.

Figure 5.

Pourquoi exposer à droite ?

 

 

L’idée de cette technique est de tirer le meilleur du capteur de votre appareil photo. En effet, celui-ci voit moins bien que votre œil, et il va parfois falloir ruser pour rendre en photo la scène que vous avez sous les yeux.

Cela vaut en particulier dans les situations à forte dynamique, c’est-à-dire quand la scène est contrastée.

La technique de l’exposition à droite va donc vous servir en particulier dans les situations où vous avez une forte dynamique, et c’est le cas que je supposerai aujourd’hui. Elle fonctionne particulièrement bien si la dynamique de la scène est un peu plus importante que celle de votre capteur. En pratique, elle sera moins performante si la dynamique est vraiment énorme (même si c’est mieux que rien) : dans ce cas, la meilleure option est de réduire la dynamique à la prise de vue, par exemple en utilisant un filtre gradué gris neutre (GND) en paysage, ou encore en éclairant les ombres (avec un flash ou un réflecteur).

Exposer à droite va donc vous permettre de garder un maximum de détails dans les ombres, et ça sans utiliser de technique de prise de vue un peu complexe (filtres, flash, etc.), ni de post-traitement trop chronophage, comme les techniques impliquant de prendre plusieurs expositions (exposure blending, HDR, etc.).

Cela dit, et j’insiste là-dessus, l’exposition à droite rend obligatoire le post-traitement et l’utilisation du format RAW. Si vous le faites en JPEG, vous allez souvent avoir une image d’apparence trop claire, et vous ne pourrez (presque) pas rattraper le coup.

Rappels utiles

L’histogramme

 

Dans cet article, nous allons beaucoup utiliser la notion d’histogramme.

figure 1

 

 

En substance, à gauche vous avez les pixels noirs, à droite les pixels blancs, et tous les intermédiaires en niveaux de gris. Plus le pic est grand, plus il y a de pixels dans ce niveau de gris. Autrement dit, une « grosse montagne » à droite signifie beaucoup de pixels clairs, et une « plaine » à gauche signifie peu de pixels sombres (par exemple).

figure 2


Comment faire en pratique ?


Un (tout petit) peu de théorie.

Le fichier RAW de votre image est un fichier numérique, comme une chanson en mp3, un document en pdf, ou autre. Comme c’est de l’informatique, un fichier est en fait un ensemble de 0 et de 1. Chaque 0 ou 1 est un petit bout d’information.

Or dans le fichier RAW de votre photo, qui représente toutes les informations captées par votre appareil, il y a 4096 niveaux d’information (des blocs si vous préférez). On pourrait s’attendre à ce que la moitié gauche de l’histogramme soit dans les 2048 premiers niveaux (donc 50%), et que l’autre moitié occupe également 50 % de ces niveaux.

Mais il n’en est rien. En réalité, les hautes lumières de l’image occupent la moitié de ces 4096 niveaux. Autrement dit, il y autant d’informations (de détails, si vous préférez) dans les plus hautes lumières de l’image (les 10 % de droite), que dans tout le reste de l’histogramme.

Et ça va en diminuant : les plus basses lumières (environ 10 % de gauche) n’occupent que 16 niveaux !

Qu’est-ce que ça veut dire pour vous concrètement ? Et bien, il y a tout simplement beaucoup plus d’informations dans les hautes lumières que dans les basses lumières : il sera beaucoup plus facile d’y voir du détail. À l’inverse, il y a beaucoup moins d’informations dans les basses lumières, et donc il y aura beaucoup plus facilement du bruit. Si vous avez déjà fait des photos en basse lumière et à haute sensibilité ISO, vous avez sans doute dû le constater : la majorité du bruit se trouve dans les ombres, les hautes lumières étant en général assez propres.

Bref, il est plus aisé (= il y aura moins de bruit) de diminuer la luminosité des hautes lumières de l’image, que d’augmenter celle des ombres.

Exception importante : si vous « cramez » les hautes lumières (c’est-à-dire qu’elles sont devenues toutes blanches), vous ne pourrez en général presque pas retrouver l’information : elle est perdue à jamais.

Si vous ne comprenez pas encore pourquoi je vous dis ça, pas de panique, c’est normal. Ça va prendre sens dans 2 minutes.

En substance, à gauche vous avez les pixels noirs, à droite les pixels blancs, et tous les intermédiaires en niveaux de gris. Plus le pic est grand, plus il y a de pixels dans ce niveau de gris. Autrement dit, une « grosse montagne » à droite signifie beaucoup de pixels clairs, et une « plaine » à gauche signifie peu de pixels sombres (par exemple).

 

 

 

L’exposition

En photo, ce qu’on appelle une image exposée « normalement », c’est une photo dont les tons moyens se situent aux alentours de ce qu’on appelle le « gris moyen ». C’est d’ailleurs sur ce principe qu’est basée la mesure d’exposition de l’appareil. Par défaut, c’est comme ça qu’on va exposer une image : rendre les tons moyens… gris moyen ! (c’est ce que fait l’appareil automatiquement)

Il existe un autre principe, qu’on appelle « exposer pour une zone ». Ça signifie concrètement « faire en sorte que cette zone corresponde à un gris moyen, sans se préoccuper du reste de l’image ».

En pratique, « exposer pour le ciel » va donc vouloir dire qu’on va rendre le ciel gris moyen sans se préoccuper du reste de l’image. On utilise traditionnellement soit la mesure spot, soit la correction d’exposition.

Avec l’exposition à droite, on ne va faire ni l’un ni l’autre. J’ai simplement tenu à repréciser ces 2 méthodes « traditionnelles » que vous avez sans doute déjà utilisées, consciemment ou non.

A la prise de vue

Voyons donc comment faire à la prise de vue pour utiliser cette technique. Tout d’abord, il va falloir regarder l’histogramme sur l’appareil photo pour évaluer l’exposition. Regarder simplement l’image ne permettrait pas d’être sûr.

Pour exposer à droite, il faut juste réussir à obtenir 2 choses de l’histogramme (oui tout ça pour ça!) :

  1. Il faut que l’histogramme ne dépasse pas à droite. Un histogramme qui dépasse se présente sous la forme d’une « montagne coupée en deux ». Si vous avez ça, ce n’est pas bon : ça signifie que les hautes lumières sont cramées, et que vous allez perdre de l’information.

 

Ce que vous ne voulez PAS avoir : une montagne coupée.

 

figure 3.

 

 

  • Il faut que l’histogramme soit le plus à droite possible, tout en respectant le point précédent : c’est-à-dire que les hautes lumières ne doivent pas être coupées. Ça correspond le plus souvent à une « montagne » à droite, mais pas coupée en deux. La base de la montagne doit avoir un tout petit espace avec la limite de droite. (En paysage, vous pouvez être vraiment limite. Prenez un peu plus de marge en portrait, sinon vous pourriez avoir un rendu bizarre sur les peaux.)

 

figure 4.

 

Exactement ce que vous cherchez : les plus hautes lumières à droite (la montagne) ne coupent pas le bord.

 

Donc si vous vous souvenez du paragraphe juste avant (j’espère ! :P), en faisant ça, on obtient 2 effets positifs :

  1. On évite de perdre de l’information irrémédiablement en cramant les hautes lumières (puisqu’on évite la « montagne coupée »).
  2. On met le maximum d’informations dans les hautes lumières, là où le capteur enregistre le plus d’informations (puisqu’on décale au maximum à droite, vers les hautes lumières). C’est ça tout le principe de l’exposition à droite.

Attention : il est NORMAL que la photo puisse apparaître trop claire sur votre écran (ou parfois trop sombre). L’idée est juste d’avoir le maximum d’informations possibles, pour ensuite optimiser le résultat en post-traitement. Vous allez voir que tout va se révéler à ce moment-là.

Astuce plus avancée : pensez à regarder non seulement l’histogramme du mélange des couches (l’histogramme « blanc »), mais aussi ceux des trois couches Rouge, Vert, et Bleu : parfois, il y aura une « montagne coupée » dans une des couches. Dans ce cas, essayez de sous-exposer encore un peu (ça pourrait notamment donner un effet bizarre sur les peaux, ou si vous avez des spots très colorés dans l’image, comme en photo de concert avec les fameux Spots Rouges De La Mort).

Quel outil utiliser ?

Dans certains cas, vous allez avoir un histogramme qui correspond déjà à ces 2 critères. Si ce n’est pas le cas, il vous faut utiliser la correction d’exposition. C’est le meilleur outil pour ça, car il est très simple et intuitif :

  • Si votre histogramme est trop à droite (trop clair, avec une « montagne coupée »), il suffit d’assombrir l’image en utilisant une correction d’exposition négative (- 2/3 ou -1 par exemple).
  • Si votre histogramme est trop à gauche (trop sombre, trop à gauche), il suffit d’éclaircir l’image en utilisant une correction d’exposition positive.

figure 5.

 

De plus, il y a un outil très intéressant sur pas mal d’appareils, notamment les appareils photo hybrides : la mise en évidence des hautes lumières cramées. Le plus souvent, quand vous activez l’option, l’appareil fait clignoter les blancs cramés. Ça permet de détecter les toutes petites zones cramées qui ne sont pas évidentes sur l’image, ni sur l’histogramme.

Si vous en détectez, vous pouvez soit sous-exposer encore un peu pour y récupérer du détail, soit décider de les ignorer (par exemple si ce sont des sources de lumière qui sont de toute façon censées être blanches, comme des lampadaires).

Le post-traitement

Une fois que vous avez bien géré la prise de vue, il est temps de faire le post-traitement de l’image. Il n’y a rien de bien compliqué à ça, mais ça peut surprendre au début, car l’image aura sans doute une allure pas géniale.

Si la photo est globalement trop lumineuse, vous allez pouvoir descendre l’exposition globale de l’image, ou seulement les hautes lumières. L’intérêt est que les ombres garderont du détail, contrairement à une photo prise sans cette technique. Alors certes, parfois ce n’est pas important, et on veut éliminer le détail dans les ombres. Mais il est plus facile de détruire que de créer : cette technique permet d’avoir la possibilité de retrouver du détail. A vous de voir si vous l’utilisez ou pas 🙂

Si au contraire la photo est plutôt sombre, vous allez pouvoir récupérer du détail dans les ombres en remontant leur luminosité. Ça va créer du bruit, mais vous n’aurez perdu d’information nulle part, puisque les hautes lumières ne seront pas cramées.

Enfin, si vous êtes un peu perdu au post-traitement, rassurez-vous : ça reste une interprétation personnelle. Fiez-vous à votre œil, il s’améliorera avec le temps. Si vous n’êtes pas sûr de votre traitement, une technique qui fonctionne bien est de revenir dessus quelques jours plus tard, pour avoir un œil neuf, et détecter ce que vous auriez pu faire mieux.

 

Voir le tuto complet avec exemple ici.